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Le PIPO (Poème Intempestif Perpétuellement Ouvert) est une collision textuelle infinie qui s’enrichira régulièrement de vos contributions de tout poil et de toute plume. Chaque nouveau poème s’insèrera dans la suite linéaire des précédents, dont il devra tenir compte, sans pour autant se sentir contraint par une logique trop évidente de continuité.

Pour jouer du PIPO, vous ne pourrez bien sûr pas intervenir directement sur le site : envoyez votre texte à feroce.marquise@aliceadsl.fr, en format word, et s’il est retenu, nous nous chargerons de l’insérer. Merci d’éviter les mises en pages trop complexes et les fichiers graphiques, dont l’intégrité ne pourrait pas être respectée sur internet. Ne dépassez pas non plus une trentaine de lignes.

Peut-être le PIPO pourra-t-il plus tard se jouer aussi sur le papier.

 

 

PIPO

[le compost t’invite à
reposer sous la roche gelée
sous le manganèze des
mammouths du Cro de Granville
le cercle millénaire sent
l’humus et le mycélium]

l’Autriche était aussi Hongrie
le tzar de toutes les Russies se faisait manucurer dans la neige
j’ai agité sous ton nez la moulinette de l’histoire
j’ai écrasé tes oreilles en tectonique des plaques amorties
choisis ton tsunami préféré
nous irons forniquer sur le champ de bataille
c’est-à-dire baiser au centre vivant de la Terre

[un pied en dehors du cercle
pour chercher le feu
le guano des cavernes
retourne-toi lentement
le compost de nos
tri tri bi bi zaïeuls]

salubrité publique oui ma brouette est brinquebalée
une pub pour Quick des doigts du gras
et derrière le panneau qui surprend la colline
le renard bleu se planque pour sauver sa peau cours bêtement hors du bois
en rond en rond grimpe petit patapon sur le panneau Quick
le gras sur les doigts irise la joue du prochain mage
je le trimballerai autour du panneau
dans ma profonde brouette en poil de renard bleu

[sur le cercle s’empile un deuxième
cercle puis un troisième
extirpé du compost
la ronde des chevaux s’anime
les fumées des usines lèchent
les vieilles falaises]


Posté par Hervé Brunaux le 27/03/2008

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rien ne serait plus loin de toi une conférence c’est
une breloque sur le courant des mots à mot
du vieillir
mais l’invention habite les paysages grigous
insoupçonnés les plus dissymétriques
à l’essai intitulé « le désert du réel »
en référence à Matrix
Zizek n’écrit-il pas
« Il nous faut arriver à distinguer
dans ce que nous percevons comme de la fiction
le solide noyau de réel
que nous ne pouvons affronter qu’en le fictionnalisant. »

cette recherche entêtée du réel surgit comme le songe
du virtuel
d’un univers utilitariste et dé-spiritualisé

paradoxalement elle se résout dans des actes spectaculaires
(terrorisme par exemple ou poésie sonore)
qui réclament à leur tour un retour au réel

et là vous entendez le chœur ennuyeux des prud’hommes
car le sujet qu’on a choisi
tous
c’est l’amour l’encéphalique objet heureux s’il en est

(t’as qu’à croire répond déjà un quidam qui
s’époumonait hier malade malade du regard sortilège
du regard aimanté)

Posté par Patrick Chouissa le 27/03/2008

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à l’invitation des vertiges le cercle des croyances
n’opposerait qu’une breloque de latex molle avec une pointe de
no future

un trépassement idéal du moi pour un surplus de graisse
conserver la nourriture un acte essentiellement suicidaire
au sortir du bois il n’y a pas de lisière qu’un boyau excédentaire de denrées extrudées

calme calme-toi calmement mets-moi à plat la didactique t’arrange beau belle un
moment de pluie d’orange de zeste griffon sur mes griffes je te mords l’appât

et je te mets la pâtée

nous nous foutrons
dans la gueule
du bois
je courrai me creuser un trou un tunnel dans l’anthracite arctique dans les strates vtrouver le cercle de l’Independance day
ça me servira à justifier mes déclarations de guerre de la semaine prochaine
j’ai le portefeuille rempli de haines
les distributeurs sont disponibles à cent pour cent
je te finance l’aventure quand tu veux te fiance où tu peux

mets seulement un doigt
et je t’embarque

je te jure c’est le grand cirque
tu écouteras avec moi
le grand mahapouchtra médire de nos consciences
la belle chef de nos mannequins lire nos lèvres secrètes
il y a pléthore que de mâles rasés de près tu meurs

lentement
oui oui
tu meurs

tui tui


Posté par Michel Gendarme le 27/03/2008

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à longueur de journée tu
à longueur de journée tu
à l’autre journée tu
à l’autre tu dis pas
à l’autre tu mates corps habillé
à l’hôte tu mates les bouts de peau dévêtus
langue tourne dans la bouche
tu salives tu
veux embrasser tu
veux l’autre encorps là tu
toi ou moi encorps tu
par diduction, râle
john wayne dans la tête tu
crois qu’elle ressemble à tu
te veux voir langue à langue, lèvres : 
« le sang, véhicule fluide » la fontaine, qui n’est ni solide ni épais, coule aisément, qui a tendance à échapper, qu’elle est difficile de saisir, de fixer, d’apprécier, marché liquide, en parlant de la circulation routière (tu) qui se fait à une cadence et à une vitesse normales (sans embouteillages, sans ralentissements), corps qui épouse la forme de son contenant (tu deviens), dilué, gaz, sans viscosité, donnant une impression de froid intense, subtile, mystérieuse, qui émanerait des astres, des êtres ou des choses, nerveux (langue tu), relié à elle, même absent, énergie occulte d’une personne,
à longueur de journée tu
à longueur de journée tu
à égale distance d’un centre tu
passant par le centre tu
ouvertes courbes
sécantes, qui coupent en deux points
entourer
aire limitée tu
lignes circulaires sur le globe terrestre


Posté par Thomas Déjeammes le 10/04/2008

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je fais le contact mais pas toujours
on ne peut pas se coller aux autres tout le temps
les autres n'aiment pas
Corps dit qu'il grelotte s'il ne se colle pas
je ne sais pas si moi c'est Corps / je n'arrive pas à le savoir
je trouve que Corps a raison même si tout le monde rit que je le laisse faire ce qu'il veut / le contact entre autre
tous les corps ne sont pas aussi déterminés que le mien
Corps a du ciment dedans / c'est super lourd à trimballer un Corps avec du ciment dedans mais c'est pour quand il se colle / pour que ça prenne
il y en a des corps qui refusent d'être cimenté alors ils se lavent tout de suite après le contact et ça prend pas / c'est réglé / au moins Corps sait à quoi s'en tenir
quand ça prend pas ça prend pas
des pales des belles pales des grandes pales tournent à l'intérieur de Corps pour que le ciment ne se fige pas
ciment frais toujours prêt / il est comme ça Corps
mais ça fait quand même mal Corps se tord parce que les pales sont pas très délicates parce qu'elles remuent sans faire attention qu'elles foutent tout sens dessus dessous et qu'après y'en a partout et c'est moi qui range
le tournis du dedans bousille Corps et même si je ne sais pas si Corps et moi c'est pareil même si je trouve que Corps a raison de chercher le contact et la prise du ciment il va falloir faire autrement parce que c'est le foutoir trop le foutoir
j'ai dit à Corps on arrête le ciment pas le contact juste le ciment / tu vas voir on sera plus léger t'auras moins mal et moi j'arrêterais de ranger
il a dit d'accord


Posté par Natyot le 15-10-2010

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Féroce Marquise Les Grandes Arcades / Rue du Vallon 24000 Périgueux / France
feroce.marquise@aliceadsl.fr Contact : Hervé Brunaux